La Vie est un songe

Texte : Pedro Calderón de la Barca (1635)
Traduction : Céline Zins (Le Manteau d’Arlequin – Gallimard)

Mise en scène : Loïc Mobihan
Assistanat à la mise en scène : Adèle Lefèvre

Dramaturgie : Françoise Jay
Scénographie : Clémence Bezat
Costumes : Brice Wilsius
Lumières : Antoine Duris
Son : Théo Cardoso
Coiffure et maquillage : Cécile Larue
Chorégraphie baroque : Romain Di Fazio
Combat : Hugo Serre
Régie générale : Victoire Sebrier

Avec Capucine Baroni, Félix Beaupérin, Ilan Benattar, Marc Berman, Gabriel De La Fuente, Dominic Gould, Mikaël-Don Giancarli, Emilie Lehuraux, Padrig Vion

Production : Compagnie Dimanche 11h
Coproductions : Théâtre Montansier – Versailles, Espace Jean Legendre – Théâtre de Compiègne, Théâtre de Chartres, La Maison/Nevers – Scène conventionnée d’intérêt national art en territoire, Maison des arts du Léman – Scène conventionnée d’intérêt national art en territoire, Centre d’art et de Culture de Meudon

Avec la participation du Jeune Théâtre National, et du Studio | ESCA
Soutien Théâtre Roger Barat-Herblay, Théâtre Suresnes Jean Vilar

Calendrier :
7 novembre 2025 : Centre d’art et de Culture – Meudon (création)
19 novembre 2025 : Théâtre Montansier – Versailles
20 novembre 2025 : Théâtre Montansier – Versailles à 14h (scolaire)
20 novembre 2025 : Théâtre Montansier – Versailles
6 janvier 2026 : Théâtre de Chartres
20 janvier 2026 : Maison de la culture de Nevers
27 janvier 2026 : Espace Jean Legendre – Théâtre de Compiègne 
10 mars 2026 : Maison des arts du Léman – Thonon

L’histoire

Le roi Basile a lu dans les astres que son fils Sigismond deviendrait un tyran sanguinaire. La mort de sa femme en couches venant confirmer ses craintes, il prend la décision d’enfermer l’enfant dès sa naissance et de cacher son existence. Le jeune homme grandit enchaîné dans une tour auprès de Clothalde, son précepteur, en ignorant tout de sa lignée.

Plusieurs années plus tard, Rosaure, jeune femme qui souhaite se venger de l’abandon d’Astolphe, neveu du roi Basile, s’introduit dans la tour et découvre Sigismond. Au même moment, Basile, voulant mettre un terme à son règne, décide laisser une chance à son fils : le jeune homme sous l’effet d’un filtre, s’endormira dans sa prison et se réveillera à la cour. S’il se comporte correctement, il sera roi ; s’il se montre violent et cruel, il retournera dans sa prison, où on lui fera croire que tout n’était qu’un rêve.

Intention

Composée en 1635, alors que Calderón est déjà depuis cinq ans le dramaturge favori de Philippe IV, La Vie est un songe est l’un des chefs-d’œuvre de la « comedia », genre théâtral qui prit forme en Espagne au début du XVIIe siècle. Émancipée de toutes normes : unité d’action, de lieu ou de temps, elle se caractérise aussi par l’alternance constante des tonalités tragiques, comiques ou épiques. Sa nature résolument populaire, puisqu’elle prétend s’adresser à toutes les classes sociales en les représentant sur scène, est sans doute à l’origine de son immense succès.

Mais à une complexité formelle, s’ajoute, avec cette pièce, une complexité thématique… Si, dans le sillage des écrits de Pascal ou de Descartes, Calderón y interroge le rapport qu’entretient l’homme avec la réalité et le rêve, c’est peut-être le thème du libre-arbitre qui en constitue le centre. Car en donnant naissance au personnage de Sigismond, l’auteur ne nous dit pas qu’il est possible d’outrepasser toutes formes de déterminismes, mais il offre à notre regard l’exemple inspirant d’un jeune homme qui aura su se relever d’une terrible épreuve : l’emprise et la domination d’un père visiblement impuissant à céder sa place. La trajectoire « résiliente » de Sigismond prend alors la forme d’une initiation, et la pièce, celle d’un conte initiatique d’une troublante actualité, nous invitant à davantage d’humilité devant le caractère éphémère et illusoire de nos existences.

Nous nous sommes efforcés, avec les acteurs, de restituer toute la complexité de cette oeuvre baroque où s’entremêlent métaphysique, politique, philosophie, en nous appuyant essentiellement sur la dimension musicale et rythmique de sa langue. Langue de la profusion, de l’abondance, usant de l’adjectif jusqu’au vertige et se réinventant sans cesse, rendant accessoire toute tentative de représentation figurative sur la scène.

Les clairs-obscurs de Caravage, l’onirisme troublant de David Lynch, et les œuvres plastiques de Richard Serra m’ont accompagné tout au long de la conception de ce spectacle entre ténèbres et lumières.

Téléchargez le dossier

Téléchargez la revue de presse